Société d’agriculture de l’arrondissement de Vienne.

 

Le concours de la Société d'Agriculture de l'arrondissement de Vienne a eu lieu le 13 septembre, à Feyzin.

L'exposition des animaux reproducteurs appartenant aux races bovine et chevaline était très-riche, et dépassait tout ce qu'on avait vu dans cette catégorie aux concours précédents.

L'exhibition des instruments agricoles présentait un coup d'œil satisfaisant. On a remarqué surtout plusieurs charrues.

Dans l'exposition horticole s'étalaient les belles collections de fleurs et de légumes de Gattel Louis, jardinier de M. Léo Genin. On y admirait aussi des fruits d'une rare beauté.

La distribution des prix a eu lieu dans un champ voisin de l'église, sur une estrade élégamment décorée, en présence de M. Faugier, maire de Vienne, député au Corps législatif et membre du Conseil général de l'Isère, qui présidait cette réunion.

Avant la distribution, M. Faugier a, dans un discours éloquent et qui a produit une vive impression, rappelé toute l'importance de l'agriculture et les encouragements mérités que le gouvernement de l'Empereur ne cesse de lui donner.

Parmi les lauréats pour le labour, on a distingué Cécile Bonnot, de Meyzieu. Cette jeune fille avait déjà obtenu une récompense, le 6 du courant, au concours tenu à Meyzieu par le comice agricole de St-Laurent-de-Mûres.

Un corps nombreux de musique a fait entendre des morceaux bien choisis pendant la distribution des prix.

La table du banquet était dressée sous les platanes qui ombragent la place de l'église. De là le regard s'étendait sur un horizon splendide. Jamais les membres de la Société d'Agriculture de l'arrondissement de Vienne n'avaient occupé une aussi magnifique salle à manger.

Le diner a été servi par M. Antoine, de Lyon, qui, pour un prix réduit, avait mis à la disposition de la Société toutes les ressources de l'art culinaire et la majeure partie de son personnel. Ah ! Nous sommes bien loin du temps où les concours agricoles ont été inaugurés avec le veau froid ! Le homard et la poularde de Bresse ont remplacé ce mets primitif, et les vins, officiels du cru ne sont plus dégustés que dans les salles des expositions.

 

M. Faugier a porté un toast à la famille impériale, qui a été accueilli par les plus chaleureuses acclamations.

 

M. Milliat, maire de Feyzin, a bu à la santé de l'honorable président de la réunion.

M. Bertrand, membre du Conseil général de l'Isère, a parlé des progrès marqués de l'agriculture dans le canton de St-Symphorien-d'Ozon, et des innovations favorables qui s'y sont produites. Il a bu aux agriculteurs.

 

M. *** a fait, en vers, et en patois lyonnais la description du concours. Cette spirituelle saillie, débitée avec une piquante originalité, a excité une gaité générale.

 

M. Vital Berthin, membre du Conseil général de l'Isère, a remercié les habitants de Feyzin d'avoir, sous la direction éclairée de l'autorité locale, organisé avec autant de zèle que de goût, cette utile et brillante journée, qui laisserait à tous un gracieux et durable souvenir. Il a souhaité que la commune de Feyzin fût toujours l'une des premières du riche et beau canton de St-Symphorien-d'Ozon, que sa prospérité allât toujours eu grandissant, et que son administration municipale fût toujours confiée à des mains aussi dignes et aussi dévouées. Il a bu aux habitants de Feyzin.

 

Voici le discours prononcé par M. Faugier avant la proclamation des noms des lauréats.

« Messieurs et chers Concitoyens,

« Ces fêtes, ces concours agricoles ont pour moi et pour tous ceux qui s'intéressent à l'agriculture, un attrait toujours nouveau.

« Au milieu de cette nombreuse et sympathique assemblée, c'est avec une vive satisfaction que je me fais l'interprète des pensées qui nous portent tous à honorer et à fêter l'agriculture. — On ne saurait trop encourager ses perfectionnements et applaudir à ses bienfaits.

« Dans ce siècle si remarquable en grandes choses, au milieu des tendances générales si ardentes aux améliorations matérielles et sociales, l'agriculture ne doit pas rester stationnaire. Il faut qu'elle marche résolument pour développer ses produits, pour accomplir les progrès qui sont dans les aspirations de tous;

« L'industrie et le commerce ont pris les devants, leurs succès sont éclatants; mais, pour être durables, ces succès ont besoin des prospérités de l'agriculture.

« L'agriculture est, en effet, le grand travail national ; c'est la source première et féconde du bien-être général ; et il faut la prospérité de nos campagnes pour constituer solidement la force et la puissance de la France.

« Rien n'est donc mieux justifié que le courant d'idées et de volontés auquel nous nous associons pour faire progresser, pour améliorer les pratiques agricoles.

« L'Empereur, qui a l'intuition si profonde des besoins sociaux, l'Empereur et son gouvernement y poussent par des encouragements bien mérités. Vous n'avez pas oublié ces paroles augustes qui ont eu un juste retentissement et qu'il importe de rappeler: — « C'est que l'amélioration des campagnes est encore plus utile que la transformation des villes. »

« Notre arrondissement participe à ce mouvement avec l'empressement et la bonne volonté qui caractérisent nos populations laborieuses et intelligentes.

« Les Comices cantonaux, par leur initiative, ont rendu d'incontestés services. — Mais c'est à la Société d'Agriculture qu'il appartient de généraliser, de développer leur action ; il faut que notre Société, par une organisation plus puissante, apporte à l'oeuvre d'amélioration que nous poursuivons une force et une impulsion nouvelle.

« Nous avons à grouper les efforts de tous les hommes honorables qui ont, comme vous, le louable désir de contribuer au bien-être de notre cher arrondissement.

« Que nos agriculteurs distingués continuent à donner de bons et utiles exemples. — Que nos laborieux cultivateurs se montrent toujours persévérants dans leurs travaux. — La terre, comme toutes les choses de ce monde, nous laisse parfois avec des espérances déçues; mais, après tout, et grâce à Dieu, la terre est une mère juste et bonne qui finit par rendre, et par rendre largement tout ce qu'on lui donne de soins et de travaux.

« Depuis quelques années l'agriculture a fait, dans nos divers cantons, d'Incontestables progrès; le concours d'aujourd'hui, si remarquable à tant d'égards, a confirmé les meilleures appréciations.

— Les produits et les races s'améliorent; les procédés agricoles se perfectionnent. — Vous n'avez qu'à persévérer; l'arrondissement de Vienne se montre digne de la grande place qu'il occupe dans notre beau Dauphiné.

« Avant de finir, et au moment de distribuer d'honorables récompenses, je suis heureux de pouvoir remercier la commune de Feyzin de l'éclat donné à ce concours agricole, éclat qui témoigne de toute l'importance de cette commune remarquablement administrée. Elle s'est parée en fête et nous prodigue sa plus cordiale hospitalité.

Que son digne maire et ses chers habitants reçoivent nos reconnaissantes félicitations et nos remerciements les mieux mérités. »

 

 

 

DISTRIBUTION DES PRIX ET PRIMES.

 

Serviteurs agricoles.

 — Hommes. — 1 er prix Naquin Denis, domestique chez M. Luizet, 40ans de services; 2e, Dumas Jacques, chez Grand, à Eyzin, 30 ans de services ; 3e, Tachet Jean, de Satolas, chez M. Chavalet, 26 ans de services; mention honorable à Faury Pierre, chez Mme Jourdan, à Roussillon, 20 ans de services; mention honorable à Anselme, à l'Hospice, 30 ans de services.

 — Femmes. — Prix unique, Rolland Charlotte, chez M. Moly, à Corbas, 16 ans de services ; mention honorable à Bacoz Elisabeth, chez M. Vassel, 35 ans de services.

 

 Concours du Labourage.

— Attelages de 4 chevaux. — 1er prix, médaille de bronze et 25 fr.,  Laurencin Pierre, chez M. Faure, à Feyzin ; 2e prix 20 fr., Odet Joseph, chez M. Gentet, à Feyzin.

— Attelages de 2 chevaux. — 1erprix, médaille de bronze et 20 fr., Nugues Jean, chez son père, à Corbas; 2e prix 15 fr., Guigue Jean-Louis, chez son père, à Feyzin; 3e prix, mention très-honorable et 15 fr., à Mlle Bonnot Cécile, chez son père, à Meyzieu. La commission regrette de ne pas pouvoir, faute de ressources, récompenser le travail de Vacher Louis, auquel elle accorde une mention honorable.

 

Espèce chevaline.

 — 1ère catégorie. — Poulains d'un an à 18 mois. — 1er prix, à M. Manin Antoine, de Chuzelle, 40 fr. ; 2e, à M. Labbe Jean, de Chuzelle, 30 fr. ; 3e, à M. Jules Berquet, de Meyzieu, 25 fr.

 — 2ème catégorie. — Poulains et Pouliches âgés de 2 ans et demi. — 1 er prix, à Mlle Cantin, de Chandieu, médaille de bronze et 50 fr. ; 2e à M. Olanier, de Feyzin, 40 fr. ; 3e, à M. Girardet, de Marennes, 30 fr. ; 4e, à M. Grange, de Genas, 30 fr.

 — 3ème catégorie. — Poulains et pouliches de 3 ans et demi. — 1er prix, à M. Crapon Alexandre, de Chuzelle, médaille d'argent et 60 fr. ; 2e, à M. Grange, notaire à Genas, médaille de bronze et 40 fr.; 3e, à M. X., 20 fr.

 

Animaux reproducteurs.

— Espèce bovine.

 —1ère catégorie. — Animaux ayant un an au moins, mais n'ayant encore point de dents de remplacement. — Males. 1 er prix, M. Manin, de Chuzelle, 20 fr. ; — 2e, M. Dubois Joseph, de St-Priest, 15 fr. — Femelles. — 1 er prix, M. Barrioz Félix, de Corbas, 20 fr. ; 2e, M. Périer Jean, de Chuzelle, 10 fr.

— 2ème catégorie. — Animaux ayant de 2 à 3 ans, avec secondes dents, mais n'ayant pas encore les troisièmes dents.  — Mâles. — 1er prix, M. Manin, de Chuzelle, médaille de bronze et 40 fr.; 2e, M. Fillion, de Toussieux, id. et 30 fr. ; 3e M. Cicot, de St-Priest, id. et 20 fr. — Femelles. — 1 er prix, M. Moly, de Corbas, médaille de bronze et 30 fr. ; 2e, M. Bertrand Jean, de Septème, id. et 20 fr. ; 3e, M. Ennemond Verrier, de Feyzin, id. et 15 fr.

 — 3ème catégorie. — Animaux de trois ans et au-dessus, ayant mis leurs troisièmes dents.  — Mâles. — 1er prix, M. Manin, de Chuzelle, médaille d'argent et 50 fr.; 2e, M. Gayvallet, de Chuzelle, médaille de bronze et 40 fr.; 3e, M. Jules Bergeret, de

Meyzieu, 30 fr. — Femelles. — 1er prix, M. Pierre Roux, de Marennes, médaille de bronze et 50 fr. ; 2e, M. Bourson, de Toussieux, médaille de bronze et 40 fr. ; 3e M. Grange, de Genas, 30 fr.

 

Race porcine. — 1 er prix, Chapuis Denis, de Chaponnay, 30 fr. ; 2e, Piot Claude, de Feyzin 25 fr. ; 3e, Labbe, de Chuzelle, 20 fr.

 

Race ovine. — 1er prix, Moly, de Corbas, 20 fr. ; 2e, Vacher, de Corbas, 15 fr. ; 3e, Rantonnet, de Feyzin, 10 fr.

 

Oiseaux de basse-cour.  — 1 er prix, Joly, de Feyzin, 10 fr. ; 2e, Fayard, de Feyzin, 10 fr. — Dindons. — 1 er prix, Charpe, de Septème, 15 fr.; 2e, Gonnet, de Septème, 10 fr. ; 3e, Manin, de Chuzelle, 10 fr.

 

Instruments agricoles.

1er prix à M. Lasalle, de Vienne, pour sa collection de charrues, une prime de 40 fr. ; 2e à M. Meillon, de Meyssiez, pour ses deux charrues, une prime de 25 fr. ; 3e à M. Ogier, de Genas, pour sa collection de charrues, une prime de 25 fr. ; 4e à M. Danjat,  constructeur-mécanicien à Lyon, rue Monsieur, une mention honorable pour importation d'une collection d'instruments agricoles (batteuse, faucheuse, hache-paille), et une indemnité de 25 fr.

La commission exprime le regret de n’avoir pu voir fonctionner la batteuse et la faucheuse de M. Danjat. Elle aurait désiré aussi voir fonctionner les charrues exposées.

 

5e Catégorie. — Céréales.

 Aux plus belles collections. — 1 er prix, Jean Bonnet, de Septème; 2e, François Manin, de Chuzelle.

— Fourrages et racines fourragères ou comestibles. — 1er prix, Louis Gattel, jardinier chez M. Léo Genin, propriétaire à Vienne ; 2e, Crapon, propriétaire à Chuzelle ; 3e, Jacques Berger, propriétaire à Feyzin ; 4e, Pierre Durand, propriétaire à Feyzin ; 5e, Jean Masson, propriétaire à Feyzin ; 6e, Ennemond Verrier, propriétaire à Feyzin : mention honorable à sieur Clément Milliat pour son exposition de ses graines de luzerne.

 

6e Catégorie: — Produits horticoles:

 légumes. — 1 er prix, Louis Gattel, déjà nommé; 2e, réservé.

 — Fleurs. — 1er prix, Louis Gattel, déjà nommé ; 2e, réservé.

 — Fruits. — 1 er prix, Jacques Jacquet, pépiniériste à Vienne; 2e, Jean Brosse, propriétaire à Feyzin; 3e, Mathieu Mirabel, propriétaire à Solaize; 4e, Jean- Louis Achard, propriétaire à Feyzin; 5e, Antoine Morin, propriétaire à Solaize.

 

Ce texte m'a été envoyé par Dominique Bailly, grand merci à lui!